La marée des contrastes à Vancouver

 

Vancouver, un passage obligé avant de partir à la recherche de mon or.

Je ne savais pas combien de temps exactement j’allais y séjourner. Je me donnais entre 10 et 15 jours. L’étape suivante était un volontariat prévu à Vancouver Island et le départ ne devait se faire qu’une fois mes démarches administratives réglées.

Or en moins d’une heure, l’affaire était pliée. J’étais prête à travailler avec mon numéro de sécurité sociale en poche. Et je pouvais toucher mon premier salaire sur mon tout nouveau compte bancaire canadien. J’avais même déjà une carte de débit temporaire, la carte définitive me parviendrait sous quelques jours par courrier chez Shelley, mon hôte bienveillante qui me laissait utiliser son adresse pour ces quelques démarches.

A peine arrivée, il n’en était rien de que j’avais imaginé des tracas administratifs et je pouvais immédiatement partir explorer en toute sérénité cette métropole au charme tant vanté ces derniers temps.

Vancouver, the Big City.

C’est ainsi que j’ai entendu les non Vancouvérois la qualifier. Il y a de quoi puisque c’est l’aire urbaine la plus peuplée dans l’ouest canadien. Vancouver ne se classe pourtant que huitième au classement des villes les plus peuplées du Canada. Avec moins de 650 000 habitants en 2016, c’est plus que Lyon mais encore beaucoup moins que Marseille. Elle s’enrichit de la population des villes limitrophes et forme autour d’elle un important district régional, la Metro Vancouver, regroupant un peu plus que la population de la ville de Paris, soit près de 2,5 millions d’habitants en 2016.

Curieusement les deux communes du North Shore naturellement séparées de Vancouver par une baie au nord ont les noms les plus proches de la grande : North Vancouver et West Vancouver. Pouvant être prises pour des quartiers de Vancouver, toutes deux semblent se développer dans le miroir de la baie Burrard. Naturellement confrontées aux limites imposées par la nature, la frénésie immobilière relève les défi de la topographie locale entre eau et reliefs montagneux. Alors que la population ne cesse de se densifier dans toute la métropole, les maisons individuelles prennent de la hauteur sur les flancs de montagnes de même que les immeubles en centre ville.

A l’est, Burnaby a aussi opté pour la croissance verticale, elle a déjà érigé sa propre skyline en apprivoisant des reliefs moins escarpés que le North Shore. C’est une ville dynamique et étendue, connectée au cœur de Vancouver par le SkyTrain.

Richmond semble reposer paisible au sud. Peut-être s’est-elle rendue à l’évidence des contraintes de sa situation insulaire, elle gratte le ciel de Vancouver à sa façon au fil des vols intérieurs et internationaux depuis l’aéroport international qu’elle abrite.

Au cœur de cette métropole, partir à la découverte de Vancouver c’est s’immerger dans une ville de contrastes.

Entre mers et montagnes.

Entre îles et péninsules.

Du fleuve à l’océan.

Du bitume aux forêts luxuriantes.

De la tranquille balade le long du fleuve Fraser aux pentes escarpées de Mount Pleasant.

Entre quartier d’affaires et complexe portuaire.

Des dominants immeubles de standing aux paisibles maisons d’héritage à l’ombre des érables.

De l’étroite smart au massif pick up.

De la séance de yoga sur les pelouses du Kits aux descentes avides à Whistler.

Des innombrables coffee shops aux florissantes micro-brasseries.

Des hypermarchés façon hangar chez CostCo aux hebdomadaires marchés de producteurs locaux.

Un estuaire ouvert sur le monde qui a vu naître une ville morceau par morceau dont on lit l’histoire au fil de ses quartiers.

De Yaletown, l’ancien quartier qui dénote avec ses briques rouges et ses étroites ruelles où Jack l’éventreur aurait pu officier en villégiature, à West Vancouver qui se bâtit frénétiquement en reflet de la skyline du Downtown et puis le branché Kitsilano ou encore Chinatown où d’innombrables poissons et fruits séchés s’étalent dans le mystère de leurs noms écrits en cantonais..

Vancouver, pas à pas, jour après jour, de quartier en quartier

Pendant cette dizaine de jours, ce fut un plaisir quotidien, sans cesse renouvelé. Un régal à admirer les vues sur l’océan où les cargos semblent se poster dans l’attente d’un toucher-couler, à me sentir déjà appelée par les reliefs brumeux de Vancouver Island. Une tentation permanente pour mes papilles en quête de découvertes végétariennes et de nouvelles saveurs. Découvrir la richesse horticole locale au Farmer’s market (marché de producteurs locaux). Écouter une nouvelle mélodie urbaine ponctuée du croassement des corbeaux au lieu du jacassement des pies. Me baigner dans le bleu du ciel et de l’océan. Lever les yeux vers les sommets de la nature après avoir perdu le compte du nombre d’étages des buildings en construction.

S’élancer dans Vancouver, s’y déplacer, c’est approcher la spécificité de la ville. Une ville qui se parcoure facilement où il fait bon marcher dans ses différents quartiers mais entre lesquels les distances peuvent se révéler éprouvantes soit mentalement dans l’infini des lignes droites soit cardiaquement dans ses pentes dangereusement abruptes. C’était une introduction à la suite de mon expérience en Colombie Britannique.